PARCOURS D’UNE BIBLE JUSQU’AU MALAWI

Par Anna Ebert

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Avant de partir de chaque village, les chefs venaient avec leur « Yewo chomeni! » (Merci beaucoup!) pour les Bibles. « Nous avons tellement soif de Bibles. Personne n’a jamais fait cela pour nous avant. »

Je ne pouvais pas chasser l’image de mon esprit. Je n’avais jamais vu, auparavant, des gens venir à moi me suppliant d’avoir une Bible. Cela me fendait l’âme car je n’en avais pas à leur donner.

J’ai offert leurs cris au Seigneur et je savais qu’à ce moment précis que le Seigneur voulait que je retourne leur apporter des Bibles dont ils étaient si avides. En prenant cette décision, j’ai connu la paix. J’ai partagé mon chagrin avec mes amis proches qui m’ont suggéré d’approcher les Gédéons.

Je n’ai pas eu de nouvelles tout de suite. Puisqu’il fallait que je place la commande avant la mi-décembre, pour qu’elles soient imprimées et expédiées de la Chine vers le Malawi avant la fin de mai, j’ai donc décidé de placer une commande – avec foi – pour 7 000 Nouveaux Testaments en Tumbuka.

Le lendemain même, Paul Mercer des Gédéons m’a téléphoné pour me dire : « Nous sommes très intéressés à votre projet. Est-ce que je peux vous rencontrer? »

Le plan était que je me rende trois jours avant l’arrivée des Bibles pour avertir les gens dans les 16 villages que nous arriverions bientôt, afin qu’ils soient prêts à nous recevoir. On les appelle ‘villages’ mais ce sont en réalité des districts puisque 90 pourcent des gens vivent éparpillés dans la campagne.

Mais nous avions un problème. Les Nouveaux Testaments n’arrivaient pas. Mai est devenu juin, juin est devenu juillet, puis août est arrivé. 

« Seigneur, » ai-je prié, « Je sais que c’est Ton désir que ces gens reçoivent Ta Parole. Tu sais que si nous devons les distribuer, jeudi est le jour où je dois partir pour aller dans les villages. Je laisse tout ça entre Tes mains. »

Lundi, le 15 août, j’ai reçu un appel disant que les Nouveaux Testaments étaient arrivés au Malawi, mais qu’ils étaient encore retenus aux douanes. Il restait encore à les transporter à Mzuzu, à 10 heures plus loin, au nord.

Mercredi après-midi, le dernier jour possible, les Nouveaux Testaments étaient finalement arrivés. Ce soir-là nous les avons chargés sur un camion, qui avait été loué, pour transporter des pièces de forage et les Nouveaux Testaments aux villages pour la distribution par l’équipe, dès le lundi suivant.

Je suis parti tôt jeudi matin avec Sam et Winter, deux membres des Tumbukas qui faisaient partie de notre équipe de distribution de sept personnes.

La routine était la même dans chaque village visité. Quand nous arrivions, Sam signalait aux enfants d’aller chercher le chef pour nous.

Éventuellement, le chef et d’autres personnes curieuses venaient. Je leur disais que notre cadeau pour eux était de réparer leur puit endommagé, et aussi leur montrer un film sur Jésus, tenir une clinique médicale et vendre des Nouveaux Testaments en Tumbuka.  

Je sais que ce n’est pas la coutume des Gédéons de vendre des Bibles, surtout à ces gens extrêmement pauvres. Le Malawi, après tout, est le troisième pays le plus pauvre au monde.  Mais je ne voulais pas simplement les donner….pour plusieurs raisons : Je voulais qu’ils accordent une valeur à leur nouvelle Bible, je voulais en donner seulement à ceux qui en voulaient vraiment une et je voulais n’en placer qu’une seule par foyer.

Le Seigneur m’a inspiré de leur vendre au prix que choisirait le chef, peu importe lequel, que ce soit du maïs, des œufs ou de la monnaie.

Mais, comment pouvions-nous nous assurer que les foyers ne recevraient qu’une seule copie? J’ai demandé que chaque chef de chaque tribu dans ce district soit présent (une tribu étant une famille étendue). Quand les gens venaient, ils allaient d’abord auprès de leur chef qui indiquait alors d’un signe de la tête si oui ou non cette famille était déjà venue.

Ensuite, nous décidions comment diviser leurs paiements de maïs, d’œufs et de monnaie selon le nombre de pauvres et de veuves âgées, qui élevaient des orphelins. 

À un certain moment, un sorcier est venu nous demander des médicaments pour son fils malade. Il avait tout essayé, mais rien n’avait réussi. Nous lui avons donné des vitamines et avons prié pour que le Seigneur l’utilise pour Sa gloire. Peu après, l’homme sorcier est revenu en disant : « Mon fils est guéri. Quel est ce médicament? Qui est ce Jésus dont vous parlez? » À la fin de la journée, ce sorcier avait donné sa vie au Seigneur et avait promis de ne plus jamais pratiquer la sorcellerie.

Chaque soir, nous présentions le film de Jésus. Chaque soir, de 400 à 1 500 personnes venaient. Plusieurs restaient ensuite et formaient un groupe d’étude biblique et recevaient de la littérature pour pouvoir étudier ensemble.

Avant de partir de chaque village, les chefs venaient avec leur « Yewo chomeni! » (Merci beaucoup!) pour les Bibles. « Nous avons tellement soif de Bibles. Personne n’a jamais fait cela pour nous avant. »

 


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